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SERVIR WITTENHEIM SERVIR LA LIBERTE !!

La traque au Sarkosy est ouverte

La mode étant à la transparence en politique, il n'est pas un déplacement ou un voyage de Nicolas Sarkozy sans que les âmes vertueuses de la République fouillent en coulisses pour savoir combien a coûté l'opération ou qui se cache derrière.

Dernier exemple en date, le discours prononcé par le chef de l'Etat, dans l'Aisne, mercredi soir. Selon le député PS René Dosière, toujours soucieux de l'utilisation des deniers publics - ce qu'on ne saurait lui reprocher -, l'organisation de ce déplacement s'élevait à 400.000 euros, beaucoup trop selon lui. Il a additionné les frais d'envoi des cartons d'invitation, de location de salle, de buffet, de son et de lumières et, bien sûr, le prix de la mobilisation des forces de l'ordre. Somme que conteste la préfecture de l'Aisne, qui estime la soirée à 100.000 euros au total, en détaillant la facture. 

Avant cela, il y avait eu le séjour au Mexique début mars où, avant leur visite officielle, Sarkozy et son épouse ont pris 48 heures de bon temps dans un luxueux complexe au bord du Pacifique. On croit savoir que cette virée n'a pas été programmée à l'invitation du président mexicain, mais à celle d'un banquier milliardaire proche, dit-on, des cartels de la drogue. Silence radio à l'Elysée ; à la présidence mexicaine, on répond que "personne n'est habilité à évoquer le sujet". Le fin mot de l'histoire est donc encore à trouver.

Précédemment il y avait eu aussi l'épisode du yacht de Bolloré, les vacances américaines avec Cécilia et Rachida, l'escapade en Egypte... Il est certain que le côté bling-bling de Sarkozy est pénible, bien peu dans le style présidentiel convenu, à l'encontre de nos penchants monarchiques. Mais maintenant qu'on connaît mieux les goûts de l'intéressé - qui ne jouent pas en sa faveur, et il a tort de ne pas y attacher d'importance -, on ne va pas à chaque fois en faire un plat. C'est peut-être regrettable pour l'image de la France, mais ce n'est pas le plus important.

Le tintamarre fait autour des conditions financières des déplacements du chef de l'Etat est également injuste et dangereux. Jamais on ne s'est pareillement inquiété de savoir si les chasses africaines de Giscard d'Estaing, les voyages en Haute-Égypte de Mitterrand, les week-ends marocains ou mauriciens de Chirac étaient aux frais de l'État. Jamais, non plus, on ne les a blâmés d'être accompagnés par des ministres et leurs épouses ou leurs maîtresses, ce qui était souvent le cas. S'est-on penché sur la gabegie des virées de Mitterrand, au Vietnam, au Mexique ou ailleurs, quand il emmenait dans ses bagages des centaines d'amis qui n'avaient rien à faire là ? Sur la vie de la jeune Mazarine, prise en charge par le contribuable ? Pourtant...

Sarkozy a fait de la transparence un principe de gouvernance. Pas sûr qu'il ait eu raison, car on se fait vite piéger à ce petit jeu-là. La vertu appelle le vice et la suspicion. Ces mêmes vice et suspicion qui fleurent mauvais la démagogie et le populisme. Assez ! Revenons à l'essentiel, l'action politique.

 
Yves Thréard

 

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