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SERVIR WITTENHEIM SERVIR LA LIBERTE !!

Peugeot Renault :Tout est dit dans l'éditorial de l'Alsace

Patrick Fluckiger , à 100% raison ,  je vous invite à lire l'Alsace d'aujourd'hui , remarquable éditorial .

Par Patrick Fluckiger.- Carlos Ghosn, le PDG de Renault, a promis au président de la République qu’une partie de la Clio 4 serait construite à Flins. Sous-entendu, la totalité de la production n’émigrera pas en Turquie. Reste à savoir quel pourcentage de voitures sera assemblé en France. Le communiqué de la présidence est muet sur ce point, pourtant essentiel. Aujourd’hui déjà, la Clio 3 est majoritairement produite dans l’usine turque de Bursa : 179 500 unités fabriquées là-bas l’année dernière, contre 125 400 à Flins. Et Renault n’en fait pas mystère : le différentiel devrait s’élargir avec le futur modèle.

La convocation de Carlos Ghosn, hier, à la présidence de la République n’aura donc servi, finalement, qu’à confirmer ce que disait son directeur général, Patrick Pelata, dès mercredi dernier : « Il y aura toujours des Clio produites à Flins, quel que soit le scénario. » Tout ça pour ça… Nicolas Sarkozy a élevé la voix, mais c’est tout ce qu’il peut faire. Quand il est arrivé au pouvoir en 2007, Renault produisait environ 45 % du total de ses voitures en France, et PSA 44 %. Fin septembre 2009, au plus fort de la crise, le pourcentage était tombé à 35 % pour le groupe Peugeot et 31 % pour le groupe Renault. Les délocalisations se sont accélérées malgré le bouclier fiscal. Elles continueront malgré les aides massives versées au secteur pour surmonter la crise.

Aides qui n’ont pas fini de pleuvoir. Carlos Ghosn est ressorti de l’Élysée avec l’assurance de toucher 100 millions d’euros de prêts bonifiés pour le développement des véhicules et 70 millions pour l’usine de batteries à construire sur le site de Flins. Quand le PDG de Renault demande ce que les contribuables peuvent faire pour lui, il obtient des chiffres. Quand le chef de l’État demande ce que Renault peut faire pour la France, la promesse reste vague. C’est toute la différence.

Nicolas Sarkozy se heurte aux limites de sa politique « volontariste ». D’une part, la privatisation de Renault, dans les années quatre-vingt-dix, a écarté l’État de la stratégie du groupe. D’autre part, la France, seule, ne peut pas grand-chose face à la baisse du dollar qui attire, comme un aimant, les entreprises hors de la zone euro. Face aux délocalisations, le président de la République en est réduit à brandir le doigt… et à demander à Bercy de signer des chèques aux industriels.

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