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SERVIR WITTENHEIM SERVIR LA LIBERTE !!

Chirac prépare sa contre attaque

                     
Ses proches estiment anachronique de vouloir juger l'ancien président en fonction de règles qui n'existaient pas à l'époque des faits.

Jacques Chirac se prépare à un procès devenu «maintenant indispensable», selon l'expression de Frédéric Salat-Baroux, le dernier secrétaire général de l'Élysée sous sa présidence. Indispensable «pour que justice soit faite». Renvoyé vendredi en correctionnelle dans l'affaire des chargés de mission de la Mairie de Paris, l'ancien président de la République ne souhaite pas que le parquet fasse appel de la décision de la juge d'instruction Xavière Simeoni. «Rien ne serait pire pour Jacques Chirac qu'un appel du parquet !», affirme d'ailleurs Frédéric Salat-Baroux dans nos colonnes. Un renvoi en correctionnelle approuvé par 72 % des Français selon un sondage BVA diffusé dimanche sur M6 pour qui la «justice doit le poursuivre comme n'importe quel citoyen».

Alors, comme si souvent dans sa longue carrière, Jacques Chirac est déterminé à contre-attaquer sur deux fronts. D'abord sur le front judiciaire. Avec son avocat, Me Jean Veil, il va soigneusement se préparer au jugement. «Pour moi, la défense du président Jacques Chirac commence véritablement aujourd'hui. Elle s'achèvera par un procès au cours duquel il établira son innocence», déclarait dimanche Me Veil dans LeJDD.

Chirac est déterminé à apporter au tribunal, «en justiciable comme les autres», la preuve qu'il n'y avait pas «un système» mettant Paris en coupe réglée au service de son ambition, mais plutôt, comme le dit Salat-Baroux, «un inventaire à la Prévert de cas individuels qui ramène à des réalités parfois dérisoires».

Les chiraquiens soulignent aussi qu'à l'époque des faits qui sont reprochés à l'ancien maire de Paris, il n'existait pas de règle pour l'emploi des membres du cabinet des maires des grandes villes de France et qu'il y a quelque chose d'anachronique à le juger en fonction des règles en vigueur aujourd'hui.

Autre front sur lequel Chirac est déterminé à se battre, celui de l'opinion publique. L'homme politique préféré des Français va continuer à cultiver ce lien privilégié qu'il entretient avec eux depuis qu'il a pris sa retraite définitive de la vie publique.

Il est rentré samedi soir de Taroudant, au Maroc, où il avait pris quelques jours de repos en famille. Devant son domicile parisien du quai Voltaire, des photographes l'attendaient et l'ancien président leur a fait un salut de la main à travers la vitre de son véhicule. Dimanche, il a réuni ses collaborateurs. «Il s'est tout de suite remis au travail», observe l'un d'eux.

Les fidèles de l'ancien président observent, avec une certaine tristesse, qu'aucun ministre ne lui a publiquement apporté son soutien vendredi, y compris parmi ceux qui lui doivent tant. Dimanche, le ministre de la Relance, Patrick Devedjian, a estimé que le renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle n'était pas «une si bonne chose que ça», même si cela donne «le sentiment que la justice est la même pour tous». L'ancien président a reçu un soutien venu de la gauche : Michel Charasse a désapprouvé dimanche son renvoi en correctionnelle.

 

Les Mémoires d'un homme secret

 

Car dans ce contexte tendu, la semaine s'annonce capitale pour Jacques Chirac. Le premier tome de ses Mémoires, Chaque pas doit être un but, sort le 5 novembre chez NiL. La maison d'éditions qui, en 1994, avait publié ses deux ouvrages de la campagne présidentielle, Une nouvelle France, paru dans la plus grande confidentialité, et quelques mois plus tard, La France pour tous, dont la couverture s'ornait du désormais fameux pommier.

Tiré à 230 000 exemplaires, ce premier tome couvre la période allant jusqu'à sa victoire en 1995. Un pan entier de l'histoire de la Ve République, vu par l'un de ses acteurs principaux. Homme secret, ne parlant jamais, ou presque, de lui-même, Chirac revient avec franchise sur les événements marquants de sa longue carrière.

Jeudi, Le Figaro publiera une interview de l'ancien chef de l'État qui sera, ce jour-là, l'invité d'Europe 1. Le 6, à la Sorbonne, il présidera la remise des prix de sa Fondation pour la prévention des conflits. Le même jour, interview à La Montagne, à la veille de sa participation samedi à la Foire du livre de Brive, où il retrouvera le nouvel homme fort de la Corrèze, François Hollande. Celui à qui, lors d'une campagne qui les avait opposés, il avait donné ce «conseil amical» : «Ne prononcez jamais le nom de votre adversaire. Il est inutile de lui faire de la publicité !»

Philippe Gouillaud

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