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SERVIR WITTENHEIM SERVIR LA LIBERTE !!

Chirac : La justice et la vie

                                        
Par Paul-Henri Lmbert


Tenir tête au président Bush, s'incliner devant la juge Simeoni. Le destin est railleur, le destin est cruel. Jacques Chirac, l'homme politique le plus populaire de France, celui qui s'est inscrit dans le paysage familier des Français il y a plus de quarante ans, va donc comparaître devant un tribunal. Qui s'en réjouit en France ? À peu près personne. Pêle-mêle, depuis hier, on distingue dans les sentiments des uns et des autres de la gêne, de l'incompréhension, de la révolte ou de l'affliction. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit d'un ancien président de la République et parce qu'il s'agit de Jacques Chirac.

La justice nous explique qu'un ancien président est un citoyen lambda puisqu'il ne bénéficie plus de son immunité. Elle n'a évidemment pas tort, mais elle n'a pas tout à fait raison non plus. La vérité, c'est que si un ex-chef d'État devient juridiquement un homme comme les autres, il demeure aussi un homme à part. Parce qu'il n'est pas donné à tout le monde d'être élu - et réélu - par le peuple français, et ainsi de prendre place dans le grand roman national.

Si, depuis hier, les Français éprouvent des sentiments mêlés, c'est aussi parce qu'ils ont appris, avec des hauts et des bas, à aimer Jacques Chirac. 76 % d'opinions favorables dans un récent sondage : ce n'est pas donné à tout le monde. L'homme suscite la sympathie, ce qui avait le don d'irriter Lionel Jospin du temps de la cohabitation. L'ancien premier ministre expliquait par a + b à ses ministres que «Chirac n'est pas sympathique», mais c'était peine perdue. Son accident de santé, ses adieux à l'Élysée, son engagement en faveur du tiers-monde ont contribué à faire de Jacques Chirac une quasi-icône. L'animal politique de jadis est devenu un vieux sage. Ainsi va la vie, mais ainsi ne va pas le droit, qui n'oublie rien et attend son heure.

C'est donc cet homme qui fêtera le mois prochain son 77e anniversaire que l'on veut juger. Xavière Simeoni se moque des arguments qu'on peut lui faire valoir, et la chose peut se comprendre, puisque c'est son métier. Le droit, le droit, rien que le droit. Qu'importe que les faits soient anciens, que leur caractère de gravité ne saute pas aux yeux, que la fonction présidentielle soit indirectement ternie, que l'image de la France dans le monde soit ainsi écornée. S'il y a eu faute, dit Mme Simeoni, il doit y avoir sanction. La loi est dure, mais c'est la loi, surtout quand elle ignore l'affection et la compassion .

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