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SERVIR WITTENHEIM SERVIR LA LIBERTE !!

Affaire Clearstream

Il n’a pas pu laisser passer l’occasion.

Ce lundi soir, il est déjà tard quand le président Dominique Pauthe demande aux prévenus s’ils ont quelque chose à ajouter avant la clôture des débats.

Dominique de Villepin, aussitôt, se lève.

De quoi m’accuse-t-on? j’avoue qu’après trois semaines d’audience, je ne le sais pas tout à fait. D’avoir participé, d’être à l’origine d’une dénonciation calomnieuse, d’être un complice passif par abstention? Toutes ces accusations sont sans fondement. Je n’ai pas participé à un processus frauduleux de dénonciation calomnieuse.

Le 9 janvier n’est pas une réunion de comploteurs. Le 25 mars, puisqu’un coup de fil a été retenu, je n’interviens pas pour demander la libération d’une “source” que je ne connais pas.

En avril, je ne donne pas une instruction à Jean-Louis Gergorin [celle de saisir un juge]. Je n’ai pas rencontré Jean-Louis Gergorin au ministère des affaires étrangères et place Beauvau en relation avec l’affaire Clearstream.

On croit toujours Rondot sauf quand il m’innocente et jamais Jean-Louis Gergorin sauf quand il m’accuse.

J’ai fait ce que j’estimais être scrupuleusement mon devoir de ministre.

Toutes les accusations qui sont portées contre moi supposent que j’ai voulu nuire. Nuire à Nicolas Sarkozy: je rappelle que c’est moi qui l’ai ramené dans le jeu politique en 1997. 

Toutes les accusations reposent sur un parti pris. Le ministre des affaires étrangères, le ministre de l’intérieur que j’ai été, aurait été plus impliqué que d’autres.

Le fait d’être désigné comme un rival politique me fait comparaître devant vous. Le fait de ne pas être désignée comme rival politique fait de Michèle Alliot-Marie un garde des sceaux.

J’ai une requête à vous faire:

Il est difficile de se satisfaire de ne trouver, derrière toute cette affaire, qu’un falsificateur et un escroc au renseignement. Il va falloir expliquer, justifier. Alors, je pense que le ministère public va requérir dans quelques jours ma condamnation.

Je sais que le procureur ne pense pas que j’ai une quelconque responsabilité dans cette affaire. Mais je sais aussi qu’il peut penser que la fonction qui est la sienne justifie qu’il requiert contre moi.

Dans cette affaire, il faut un bouc émissaire.

Je lui demande de requérir le coeur léger, aussi léger que le mien ce soir. Mon honneur n’est pas à prendre. J’ai agi avec le sens de l’Etat.

Cette affaire Clearstream est nauséabonde. Je ne crois pas qu’elle a la dimension politique qu’on lui a donnée ou qu’elle révèle les turpitudes de l’Etat. Je comprends la douleur des parties civiles, je le dis de toutes les parties civiles, y compris pour Nicolas Sarkozy. C’est dire à quel point il n’y a pas de haine de ma part.  

Pascale Robert-Diard






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