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SERVIR WITTENHEIM SERVIR LA LIBERTE !!

Ces femmes qui incarnent la liberté



Paru dans le Figaro

EDITO Aung San Suu Kyi, en Birmanie. Clotilde Reiss, en Iran. Lubna Hussein, au Soudan... L'énumération pourrait être poursuivie. Ces trois femmes ont en commun de subir une injustice flagrante et de mener un combat méritoire. Il faut jusqu'au bout les soutenir dans l'épreuve. 

 

Dans le cas de la recluse de Rangoon, à nouveau condamnée sans aucune raison valable, il est évident qu'elle symbolise une cause qui dépasse très largement son cas personnel. Prix Nobel de la paix en 1991, fille du héros de l'indépendance birmane Aung San, elle se bat depuis des décennies contre l'une des dictatures les plus féroces de la planète. Son  visage toujours souriant et sa frêle silhouette ont fait connaître le combat qui est mené dans l'un des pays les plus fermés de la planète, où plus de deux mille prisonniers politiques croupissent dans les prisons. Si Aung San Suu Kyi suscite un tel acharnement, c'est parce qu'elle personnifie l'immense espoir de liberté que 47 millions de Birmans n'ont aucun moyen d'exprimer. La maintenir en détention revient, pour la junte, à s'assurer que les élections prévues l'an prochain ne seront qu'une mascarade.

 

En Iran, Clotilde Reiss n'a pas choisi d'être projetée sur le devant de la scène. La jeune française est victime d'un conflit qui la dépasse. Mais elle incarne, malgré elle, une cause qui va bien au-delà de son cas personnel. Le procès spectacle auquel elle a été confrontée visait à faire croire que le printemps de Téhéran avait été organisé et manipulé depuis l'étranger. Pathétique, le régime des mollahs n'a trouvé pour bouc émissaire que cette jeune fille, passionnée de civilisation perse mais en rien militante, dont l'innocence saute aux yeux. Clotilde Reiss et la franco-iranienne Nazak Afshar, qui partage son sort, représentent la fin des illusions quant à l'Iran de l'après Khomeiny : plus personne n'y verra une tentative de concilier l'islam avec un semblant de débat démocratique. La République islamique a perdu ce qui faisait son attrait dans un monde musulman où la dictature est la règle.

 

Au Soudan, Lubna Hussein a eu le courage de se montrer en pantalon. Quel outrage ! Elle risque quarante coups de fouet en public. Elle attire l'attention sur des lois rétrogrades qui constituent une atteinte manifeste aux droits de la femme, quel que soit le respect que l'on doive aux coutumes et aux croyances religieuses.

 

Aung San Suu Kyi, Clotilde Reiss et Lubna Hussein méritent chacune toute l'aide qu'elles peuvent obtenir. De la part des sociétés civiles mais aussi des gouvernements, qui ne seront efficaces qu'en agissant ensemble, dans le cadre de l'Union européenne et des Nations Unies.

 

Le fait qu'elles soient femmes ne change fondamentalement rien à leur cause. Mais ce n'est pas indifférent. L'opinion publique est ainsi faite qu'elle se mobilisera davantage. Rappellons-nous de Neda Agha-Soltan, cette jeune fille tuée lors des manifestations de Téhéran et devenue l'icône de la contestation iranienne. 

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