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SERVIR WITTENHEIM SERVIR LA LIBERTE !!

L'émergence d'un nouveau sentiment européen

À trois semaines des élections européennes, la Fondation pour l'innovation politique publie, en partenariat avec «Le Figaro», les résultats d'une étude réalisée auprès de 15 130 Européens (1). Elle ne porte pas sur les intentions de vote mais sur les enjeux, sur les choix qu'ils sont prêts à faire, ou encore sur les domaines dans lesquels ils souhaitent voir l'Union accroître ses efforts.

L'enquête révèle un large soutien à l'Union : 56 % des Européens considèrent que, dans la globalisation, le fait pour leur pays d'appartenir à l'Union est une chance. Cependant, cette appartenance est jugée d'une façon d'autant moins positive que les Européens interrogés sont plus âgés. Si les deux tiers des 18-24 ans (65 %) voient l'Union comme une chance, ce sentiment n'est partagé que par la moitié des plus de 55 ans (52 %). Ce fait est nouveau. Pour un continent engagé sur la voie du vieillissement démographique, il pourrait se révéler déterminant.

L'ensemble des catégories sociales considère l'appartenance de leur pays à l'Union comme une chance. Seuls 17 % des Européens y voient une menace. Cette réponse atteint toutefois près d'un quart chez les personnes ayant cessé leur scolarité avant l'âge de 16 ans (23 %), un cinquième des retraités (20 %), trois ouvriers sur dix (31 %) et un chômeur sur quatre (24 %). Les classes populaires et les groupes sociaux les plus fragiles expriment ainsi leur attente d'une puissance publique commune. Plus d'un quart des Européens (27 %) affirment qu'un candidat proposant d'augmenter en priorité les dépenses de l'Union dans le domaine des affaires sociales et de l'emploi les inciterait à voter en sa faveur. L'absence d'enjeux importants susceptibles d'impliquer les Européens explique largement la faiblesse de l'intérêt pour les élections européennes. Partout, le scrutin est détourné à des fins nationales et les électeurs qui le refusent marchent vers l'abstention.

 

S'adapter à la nouvelle donne

 

Ce ne sont pas les électeurs qui ne s'intéressent pas aux élections européennes, ce sont les élections européennes qui ne sont pas intéressantes. Il est pour le moins frappant de constater que, d'un côté, 56 % des Européens jugent que leur appartenance à l'Union est une chance, tandis que, d'un autre côté, 53 % déclarent ne pas s'intéresser au scrutin du 7 juin. Est-ce l'Europe qui est en cause ou bien la manière de faire de la politique ? Interrogés sur les meilleurs moyens de faire entendre leur opinion par les responsables politiques, les Européens ne plébiscitent aucun des items suggérés : adhérer à un parti (13 %) ou à un syndicat (10 %) ne séduit pas plus que manifester (11 %), signer des pétitions (14 %) ou s'exprimer sur des blogs (13 %). Participer à des débats publics ne rallie pas grand monde (20 %), tandis que les formes d'action plus conflictuelles comme la grève (7 %) ou plus radicales comme le blocage des activités économiques ou des moyens de transport (4 %) restent très marginales. Seul le vote emporte une sorte d'adhésion relative (46 %).

Nos classes politiques devront s'adapter à la nouvelle donne car la globalisation est entrée dans les consciences et avec elle une autre idée de l'Europe. Ce sentiment ne procède pas d'un idéal relancé mais des premières expériences du siècle. Les Européens sont à la recherche d'une puissance publique supplémentaire, non seulement capable de les protéger mais aussi de fortifier leurs nations qui ne peuvent relever seules les nouveaux défis planétaires. Ils ne l'imaginent pas en lieu et place de leurs puissances publiques nationales mais à côté, comme en appui.

(1) L'enquête a été menée en partenariat avec le Center for European Studies, la Fondation Konrad- Adenauer, la Fondation Robert-Schuman et la société WPP.

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