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SERVIR WITTENHEIM SERVIR LA LIBERTE !!

Un Plan raisonnable

L'éditorial de Gaëtan de Capèle du 19 février.

Il serait présomptueux de prétendre que le sommet social organisé hier à l'Élysée suffira à calmer les angoisses des Français. Ils étaient inquiets avant sa tenue, sans doute le demeureront-ils après. Comment pourrait-il en être autrement, face à une crise sans précédent dans l'histoire économique moderne, dont personne ne peut réellement mesurer la profondeur ni évaluer la durée ? Nicolas Sarkozy, pas plus qu'un autre, ne possède la recette miracle pour y mettre un terme, ce dont il convient d'ailleurs lui-même. Mais on ne peut lui faire le procès de ne pas tout mettre en œuvre pour la surmonter au mieux, ni de ne pas associer les forces vives du pays à ses réflexions.

Alors que, partout dans le monde, chacun cherche la meilleure formule, le cocktail français a le mérite d'être cohérent et raisonnable. Cohérent, car le plan de relance initial du gouvernement, essentiellement fondé sur les grands travaux et le soutien aux entreprises afin de stimuler la création d'emplois, s'est enrichi d'un volet social conséquent, destiné à soulager les plus vulnérables, les plus exposés aux ravages d'une conjoncture exécrable, à commencer par les chômeurs. Un geste significatif a également été fait en faveur du pouvoir d'achat des revenus modestes. Les deux points les plus sensibles - dégradation de l'emploi et des revenus des plus faibles - se trouvent ainsi traités de front, ce qui rejoint les préoccupations des syndicats.

D'un montant relativement limité (2,6 milliards d'euros), ce plan est aussi raisonnable, car le principe d'une grande relance par la consommation est écarté. Prônée par une majorité de syndicats et par la gauche, cette option a maintes fois démontré son inefficacité dans le passé, notamment durant la période mitterrandienne entre 1981 et 1983, où elle fut sanctionnée par un sévère plan de rigueur. En outre, contrairement à une idée reçue, le pouvoir d'achat ne baisse pas en France : il a augmenté de 1,1 % en 2008 et l'Insee prévoit une progression de 0,6 % au premier semestre de cette année. Il n'y a certes pas lieu de s'enthousiasmer, ni de contester que les fins de mois soient difficiles pour les ménages, mais cela ne justifie pas une distribution générale de chèques. Au passage, il n'est pas inutile de rappeler que sur 100 euros gagnés, les Français en épargnent plus de 15, ce qui n'est pas loin d'être un record dans le monde.

Enfin et surtout, la France n'a guère les moyens d'une telle relance. Durement affectées par la crise, qui lamine leur chiffre d'affaires, les entreprises ne sont pas en mesure d'encaisser les hausses de salaires qu'impliquerait par exemple un relèvement du smic. Ce qui préoccupe aujourd'hui de nombreuses PME, c'est purement et simplement leur survie. L'État, quant à lui, creuse inexorablement ses déficits, au point de se faire rappeler à l'ordre par la Commission de Bruxelles qui s'en inquiète. La violence de la crise et les mesures d'urgence à prendre pour la combattre ne doivent pas faire perdre de vue qu'il faudra bien trouver les moyens de rembourser une montagne de dette, qui équivaut désormais à environ 50 000 euros par ménage. Ce qui devrait interdire d'inutiles surenchères.

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