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Patrick Pichenel

SERVIR WITTENHEIM

Thierry Désjardins : tout le monde dans le caniveau

~~La presse française a complètement perdu la tête. Depuis quatre jours, tous les journaux télévisés, toutes les radios, la plupart des quotidiens font leur « une » avec le procès dit « du Carlton ». Cela a commencé avec les témoignages des souteneurs, puis, ce fut ceux des prostituées et maintenant c’est celui de DSK. La presse française s’interroge le plus sérieusement du monde pour savoir s’il s’agissait de « parties fines », d’orgies, de bacchanales ou d’abattages sordides et les commentateurs les plus sérieux se demandent si l’ancien patron du FMI ex-futur-président de la République s’imaginait vraiment que ces jeunes femmes se livraient à lui pour le plaisir de connaitre les pires de traitements avec le meilleur économiste de la planète ou si l’individu en question savait qu’il s’agissait de vulgaires prostituées que lui offraient généreusement mais avec des arrière-pensées évidentes des margoulins de la pègre et du BTP. Or, non seulement le chômage continue à augmenter en France mais, à trois heures d’avion de Paris, une guerre fait des ravages épouvantables et, bien pire encore, risque réellement de dégénérer en guerre mondiale. On dira que les gestionnaires de tous nos organes de presse savent parfaitement que les téléspectateurs, les auditeurs et lecteurs préfèrent de beaucoup les « histories de cul » aux problèmes économiques et à l’avenir de la planète. Que l’audimat et les tirages sont restés désespérément plats chaque fois que François Hollande a annoncé un nouveau plan de lutte pour l’emploi ou contre les déficits alors qu’ils ont bondi dès qu’il s’est agi de Valérie Trierweiller ou de Julie Gayet. Et que les Français sont, comme les citoyens de tous les autres pays de la planète, des autruches qui enfoncent leur tête dans des oreillers dès que le bruit des canons se fait entendre, surtout quand c’est à leur porte. Il est bien dommage que le tribunal de Lille n’ait pas prononcé le huis clos pour ce procès. Tous les Français savent, depuis l’affaire du Sofitel de New-York, que DSK est un grand malade prêt à tout, et notamment au pire, pour apaiser ce que les médecins appellent son priapisme aigu. Cela relève à la fois de la prison et de l’asile. Même si certains continuent à regretter que DSK n’ait pas pu être élu aux plus hautes fonctions de l’Etat et affirment encore que ses compétences économiques nous auraient évité de continuer à sombrer, il est évident qu’il est mort et enterré comme homme politique. Est-il alors indispensable de nous livrer chaque jour ce feuilleton interminable et sordide qui nous fait descendre dans les pires bas-fonds ? L’affaire est entendue depuis longtemps. Celui qui aurait sans doute été élu président de la République française sans une femme de ménage d’un hôtel new-yorkais n’est qu’un sexe en érection permanente qui croyait vraiment que son « aura » lui permettait de faire n’importe quoi, d’assouvir ses pulsions les plus folles, en lui assurant l’immunité la plus complète. Nos moralistes patentés, donneurs de leçons professionnels, ont l’habitude de traiter les journaux « people » de « presse de caniveau ». On peut se demander si, aujourd’hui, tout le monde ne patauge pas avec délectation dans le caniveau. Et ce n’est ni la faute à Voltaire ni la faute à Rousseau

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