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Patrick Pichenel

SERVIR WITTENHEIM

Désir : la libération textuelle par Elisabeth Gouslan

Odes à la femme aimée , journaux intimes , lettres , essais .....De plus en plus d'intellectuels et de romanciers font du corps le cœur du sujet . À croire que le sexe est la nouvelle obsession contemporaine .

Repenser la chair et l'amour est -il l'ultime moyen d'explorer notre temps?.

Lettres d'amours, billets doux et carte du tendre s'abattent depuis l'automne sur les tables des libraires en rafale .

Pourquoi les auteurs éprouvent t-ils chacun à leur manière et selon les codes de leur génération , le désir de conter les délices de la chair ? Alexis Jenni a signé ainsi un tres bel hommage à sa femme , intitulé " dans l'attente te de toi " C'est une ode à l'épiderme de l'aimer :

Alexia Jenni , avoue t-il , furent difficiles à écrire , meme pour un Goncourt . Pourquoi ? Parce que les écrivains n'ont tout simplement pas les mots pour dire l'incroyable sensation, la volupté propre à la caresse , la douceur tactile , la jouissance de la peau .

Nos sociétés favorisent la culture de la vue et répriment du meme coup celle du toucher .

Le romancier , imitant Dante a commencé par écrire des lettres à sa Béatrice : l'angle épistolaire n'était pas Bon, alors , il s'est tourné vers les peintres , en sélectionnant des toiles de Rembrandt ou Picasso célébrant des muses ou modèles aimes afin de calquer ses intuitions sur les leurs . Maria Bourdin , posant nue, de dos , cela donne > et , ajoute Alexis Jenni : > . C'est vrai . Profilés dans un clair obscur , sature de lumière ocre , le fessier de Maria , sa cambrure et ses petits seins offrent un relief mat et velouté suggérant un plaisir charnel à venir .

Alexis Jenni aurait rêvé d'être peintre , mais nul en dessin , il s'est lancé dans des études de biologie avant de découvrir sa vocation, l'écriture :

En règle générale, les intellectuels ne sont pas tres à l'aise avec l'érotisme. La plupart du temps ils en ont peur .

Georges Vigarello , expert du corps féminin et masculin à travers les âges constaté que c'est le moyen âge qui déshabille le plus volontiers les femmes : les titres des fabliaux érotiques de l'épique sont éloquents. On achète > ou Berenger au long cul >> . L'avidité sexuelle des dames , la ruse des hommes pour arriver à leurs fins sont des sujets récurrents traités avec une réalisme et une crudité assumée . L'amour physique est central . Les conteurs , les troubadours l'écartent dans un vocabulaire érotisé , alors qu'au même moment la pression de l'église est à son apogée .

La littérature érotiquement n'a pas un très grand prestige intellectuel . C'est injuste , il faut monter que la sensualité est liée à des choses très sérieuses : l'identité , la construction , l'éducation que nous ont donné nos parents . Nous sommes dans un vrai vide sensuel . Un vide facile à combler en revenant aux portes , à Paul Valéry par exemple et lire doucement , tendrement : >Alors sans bagage , vous embarquerez pour Cythère .

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