Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Patrick Pichenel

SERVIR WITTENHEIM

Crise des gilets jaunes : comment en sortir par Taverne


La première proposition que je fais en vue de sortir "par le haut" de cette crise est d'éteindre ce que je nomme la "lutte des casses". Je dis bien "casses" et non pas "classes". Pour cela, il faut comprendre les causes et les facteurs de cette lutte de casses. Mon humble point de vue de citoyen philosophe est que la cause profonde est le système de punition systématique infligée par l'Etat à bon nombre de citoyens. Quand les gens subissent trop d'autorité ete de sanctions, ils finissent par se révolter d'abord en vandalisant le matériel puis en agressant les autres gens. Avant que nous n'en arrivions à ce stade ultime et dangereux, il faut rappeler le contexte et les causes.Depuis un an et demi, l'Autorité ne s'adresse aux Français qu'en termes de punitions. On punit les automobilistes, les chômeurs, les retraités, les jeunes (APL), les contribuables non riches (CSG) et ainsi de suite. Les automobilistes ont été punis par une nouvelle limitation de vitesse sur les routes et par le prix excessif des carburants.Voilà pour les exemples (non exhaustifs) de punitions assénées à la population mais ce qui alimente cette atmosphère insupportable de punition, ce sont les petites phrases et les discours. Des "Gaulois réfractaires" en passant par "ceux qui ne sont rien", qui ne font pas l'effort de s'offrir un costume ou de trouver un emploi qui leur tend les bras de l'autre côté de la rue (paraît-il), jusqu'aux mots de "fainéants" et jusqu'aux interdictions de se plaindre sous prétexte que le Général De Gaulle ne se plaignait jamais, lui !Je n'entrerai pas beaucoup dans les détails car chacun est parfaitement informé de la situation présente et parce que je sens que vous avez déjà compris ce que je veux essayer de démontrer comme une voie de sortie possible.
Pas besoin non plus d'avoir fait des études de psychologie pour comprendre que les individus soumis de façon excessive et de manière incessante à une logique de punition-récompense qui fait pleuvoir les punitions et remet toujours aux calendes grecques les récompenses, finissent par se retourner contre l'Autorité. Cette forme légitime de révolte se constate aussi dans les relations entre les parents et les enfants.Actuellement, s'est opérée une sorte de renversement, comme par une solution de désespoir : ce sont les gens (dans leurs composantes les plus violentes) qui s'acharnent sur les personnalités incarnant le pouvoir en les punissant. A force d'avoir subi l'arbitraire d'une "éducation" infantilisante fondée sur cette logique primaire et indigne des citoyens d'aujourd'hui, les gens prennent leur revanche en punissant autant qu'ils peuvent tous ceux qui emploient cette méthode archaïque et humiliante. Ils veulent faire mal à proportion de ce qu'ils ont souffert et pour ce qu'ils endurent encore en dépit des solutions bricolées dans l'urgence.Jusqu'ici, les électeurs punissaient les élites en se contentant de voter pour les partis extrêmes et en s'abstenant de se rendre aux urnes. Cela leur a permis d'obtenir le "dégagisme". Cependant, ces solutions sont devenues inopérantes pour contenir l'arrogante méthode gouvernementale (celle du "cap" à tenir à tous prix : le "prix" à payer étant mis sur le dos des petits et pas des gros...). Alors que font les gens ? Et bien, cela va de soi, ils expérimentent d'autres méthodes pour venir à bout de cette stupidité gouvernante, pour poursuivre l'action qu'ils ont entamée contre la politique de la carotte et du bâton.Pourquoi ai-je parlé de "lutte de casses" en introduction de cette tribune ? Parce que la politique est perçue comme une politique de casse par beaucoup de citoyens : suppression d'une partie de l'ISF, milliards accordés au ultra-riches, coups de rabot sur les APL, envole des taxes. Cette perception est en partie tirée de l'observation de la réalité et en partie ressentie par un phénomène d'amplification voire même, dans certains, fantasmée. Il n'empêche que cette politique de casse qui détruit la motivation des simples gens et récompense outrancièrement les ultra-riches, tout cela étayé par des discours blessants et rabaissants, ne doit plus avoir cours aujourd'hui dans le cadre d'une démocratie responsable et adulte.Tant que la politique menée (en fait, imposée) sera perçue comme une casse, les individus seront tentés de réagir à leur tour par un mouvement généralisé de casse.En un mot, ma première proposition est toute simple : sortons de la logique de l'Etat de punition-récompense et la lutte des casses se réduira voire disparaîtra. On trouvera peut-être que mon explication est trop simple voire simpliste. Mais prenez-la comme l'opinion d'un citoyen qui, comme tout citoyen, a le droit de s'exprimer. J'invite quand même le lecteur à bien y réfléchir afin d'examiner s'il n'y a pas dans mes propos une forme d'éclairage d'un processus caché que beaucoup n'ont pas compris et qui les entraîne à leur insu dans un cercle vicieux de lutte des casses. Ma proposition n'est pas une grande proposition, elle n'est qu'une idée que j'ai extirpée de mon "bon sens" personnel et, évidemment, subjectif (et tant mieux !).Si cet article est court, c'est pour permettre un débat qui le prolongera, je l'espère, sur Agoravox, site qui s'est dès l'origine engagé à donner la parole à tous les citoyens, anticipant de près de deux décennies le fameux "grand débat" que Macron nous propose aujourd'hui et qu'il nous expliquera dans quelques jours dans la lettre qu'il va nous adresser. Pour le moment, ceci est en quelque sorte ma lettre, celle d'un simple citoyen contributeur depuis plus de dix ans sur ce site d'échanges où l'on peut débattre et proposer sans avoir quelque chose à vendre (je ne vous dirai pas "votez pour moi !")Proposition numéro 1 : Traiter les citoyens comme des adultes en mettant fin sans délai à la méthode pseudo-pédagogique de punition-récompense.
Taverne.

Article précédent Article suivant
Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :