Patrick Pichenel Conseiller Municipal Wittenheim
Monsieur Pichenel,
Une petite réaction concernant la réalisation d'un club-house à 500000euros.... Mme Vallat estime que le coût de ce bâtiment en ossature bois est tout à fait raisonnable et dans les prix du
marché. Sauf erreur de ma part cela place le m2 à 2000 euros, je comprends mieux la crise du batiment...
Maintenant il est vrai que tout ce qui touche au domaine publique voit ses tarifs gonflés, comme le mobilier urbain, ou comme les montants qui sont alloués aux différentes études...
J'entends parler d'un besoin urgent de ce local, cependant il ne me semble pas que ce club soit SDF, ils ont tout de même de belles infrastructures et un clubhouse qu'ils utilisent avec d'autres
associations. Je ne pense pas que cela soit si dramatique et j'espère, en tant que contribuable, que le basket et le handball ne vont pas également exprimer un besoin urgent d'un clubhouse à ce
prix.
Il y a quatre ans, ce club a failli disparaître et la municipalité a déjà dû éponger ses dettes.
J'aurais aimé entendre parler d'un projet pensé et élaboré dans un large projet social associant formation et insertion. Le Maire sait nous rappeler que cette association recrute dans un quartier difficile touché par le chômage. Il y a quelques années à Staffefelden, la commune a financé le matériel et les bénévoles ont construit un très beau clubhouse. Est-ce impossible à Wittenheim? Faut-il toujours donné sans rien demander?
Pourquoi ne pas solliciter ces forces vives pour monter ce projet, le penser, le réaliser? On aurait pu utiliser l'argent publique non pas pour livrer clef en mains un beau bâtiment tout neuf et tout équipé mais peut-être élaborer un grand projet alliant réinsertion, formation, bénévolat... on aurait pu sensibiliser la population en les associant à cette réalisation, je pense que la satisfaction n'aurait été que plus grande et le résultat autrement plus enrichissant.
Dans un cadre comme celui-là, une enveloppe de 500000euros ne m'aurait pas choqué, un beau projet, structuré et structurant, formateur et enthousiasmant, voilà un contrat social, une aventure humaine dépassant matérialiste.
La ville en maitre d 'œuvre associant une équipe qualifiée encadrant des emplois aidés, des contrats de qualification, de réinsertion, de retour à l'emploi ou tout autre forme de contrat existant. Ce noyau professionnel entouré et renforcé par la main d'œuvre bénévole pourrait rapprocher les gens, leur réapprendre à vivre ensemble, à accepter l'autre et être plus tolérant, libérer une frustration et permettre à certaines personnes de se sentir utiles et capables de réaliser de belles choses.
Car là effectivement se trouve l'urgence, réapprendre à vivre ensemble, respecter l'autre et partager un local appelé « clubhouse ».
J'ose penser que ce genre de projet puisse exister encore aujourd'hui et qu'il ne s'agisse pas d'une utopie. Si les politiques et le monde associatif ne croient plus en l'humain alors que nous reste-t-il?
Je vais en rester là car il semblerait que je me sois déjà quelque peu emporté. J'ai pourtant l'impression que ce genre de dessein qui pourrait être d'essence socialiste, ferait décoller quelque peu le débat et surtout éviterait des argumentaires et raccourcis faciles et surtout certains dérapages « inacceptables »....(c'était dans le texte)
Alors messieurs les élus, élevez le débat! Et soyez entreprenant, novateur, peut-être précurseur...