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Patrick Pichenel

SERVIR WITTENHEIM

Wittenheim : la Droite depuis Gissinger

En 1983 Antoine Gissinger gagne les élections municipales sur une division de la Gauche . A cette époque j'étais un jeune militant du RPR , je m'étais chargé de la campagne de collage d'Antoine Gissinger . On peut considérer que la mandature de notre député fût une réussite avec de belles réalisations et une belle gestion . A l'issue du mandat le député ne souhaitait plus se représenter mais il accepta de figurer en fin de liste de la nouvelle équipe .  

Cette nouvelle liste en 1989 devait être largement composée de l'équipe sortante , avec en tête de liste Monsieur Blech adjoint sortant et légitimement successeur d'Antoine Gissinger .  Pierre Blech en 1989 pris contact avec moi comme avec d'autres pour composer sa liste . A cette époque le RPR était très optimiste pour que la Droite l'emporte dans la foulée du bon mandat de Gissinger d'autant que la liste pour une large part devait être composée de la liste sortante . Malheureusement Monsieur Blech pour des raisons officielles que j'ignore encore aujourd'hui mais que je devine , fût mis sur la touche , ce qui entraina le départ de la liste des adjoints importants comme Marcel Personnier ou Pierre Schuft , ceux-ci n'étant pas Ok par le remplacement de Pierre Blech aun profit de Bernard Reimeringer ancien maire socialiste de Wittenheim qui devient tête de liste par miracle , je me souviens trés bien de cette réunion de la liste ou beaucoup apprirent par surprise le remplacement de Blech par Reimeringer . Je me retrouvais face à un nouveau leader sans savoir pourquoi ? .  Si je puis attester que Reimeringer était un homme brillant , son arrivée en effectuant un virage à 180 degrés ne fût pas du meilleur effet . Avec son ami qui l'avait rejoint Reiméringer nous entraina dans une campagne électorale moyenne, de par son reniement politique celui-ci n'osa pas faire une campagne de proximité , il était rarement sur le terrain par peur des électeurs . Nous pouvions penser qu'avec le bon bilan de Gissinger la liste l'emporterait malgré la liste de l'adjoint Hager pressenti lui aussi pour succéder à Gissinger . Bref notre liste fût incapable de gagner l'adhésion des électeurs qui ne se trompèrent pas sur les incohérences de notre liste , et bien sur les départs de Pierre Schuft et Marcel Personnier furent lourds de conséquence .  On perdit l'élection de mémoire je crois de 43 voix , c'était peu , mais c'était le début de la galère pour la Droite à Wittenheim . Dans cette liste nous n'avions pas le droit à la parole , tout était orchestré par Reimeringer et son fidèle ami .,

Avec le départ d'Antoine Gissinger  , la non préparation de sa succession , la défaite aux municipales , la Droite bascula dans un grand vide . A l'approche des municipales de 1995 , j'étais délègue délègué cantonal du RPR sans aucune espèce d'idée à l'époque de me présenter , étant encore un inconnu auprès des électeurs malgré mon militantisme important , ma vocation naturelle était de bien figurer sur la liste , mon cheminement me paraissant correspondre à une évolution normale , pour être leader d'une liste il est important d'avoir eu auparavant un mandat d'élu , tout naturellement le RPR me conseilla de m'impliquer mais en numéro deux , bien que Jean Jacques Weber à l'époque m'avait demandé de me lancer et aussi de prendre contact avec Bihl le pharmacien pour qu'il consente à s'engager . J'avais entrepris les démarches , mais le Pharmacien renonça ne s'estimant pas en mesure de rentrer dans l'habit d'un futur maire ,n'étant pas politiquement engagé . Et de toute façon Alphonse Koegler était bien décidé à se lancer quoiqu'il arrive, il était élu sortant , il me paraissait compétent j'acceptai de figurer au 2ème rang de la liste Wittenheim en Action .A cette époque je devinais déjà que celui-ci pensait que je voulais tout bousculer alors que ma seule ambition était de me mettre à son service pour que nous l'emportions . Il était convaincu de notre victoire, mais tout comme son ami Reimeringer il avait une implication trop timide sur le terrain mais cependant notre campagne fut exemplaire et notre score pas ridicule . Élu donc sur la liste de Koegler , je me suis investi à fond la caisse dans la mandature , au fil des mois Koegler était de moins en moins présent , suite à des problèmes personnels un an avant l'échéance de 2001 , il nous annonça qu'il ne se représenterait plus quoiqu'il arrive même en fin de liste . j'ai encore sa lettre à la maison . A l'approche de 2001 , il fallait prendre une décision Koegler avait disparu , étant le numéro , le RPR m'encouragea à partir , Pierre Schuft qui aurait pu prétendre à l'époque être tête de liste ne souhaitait pas partir . Pour ma part je ne suis pas un tueur si Koegler avait effectué un bon mandat et le désir de se représenter je l'aurai suivi .  Celui ci ayant disparu , je pris l'initiative de me présenter les anciens adjoints Pierre Schuft et Marcel Personnier me suivirent , à la tête d'une bonne équipe très attachante , notre campagne fût exemplaire . Mon adversaire le défunt maire Paul Zwingelstein  a été un adversaire redoutable et respectable , malheureusement celui-ci malade , la campagne électorale fût difficile . Nous avancions sereinement malgré la douloureuse maladie du candidat socialiste , mais c'était sans compter par un évènement qui a fait basculer la campagne , la candidature tardive de Koegler qui avait pourtant pris l'engagement de ne plus se représenter , à l'évidence sa candidature était commandé par le fait qu'il n'a pas supporté ma candidature . Mais je n'étais pas étonné , cet homme n'est pas un homme de parole . 2001 devait être notre année , c'était la première fois depuis longtemps que nos étions en mesure de mettre en danger les socialistes , au soir du 1 er tour mon score approcha les 30 % , Koegler approcha les 20 % , sans sa candidature nous aurions sans doute réalisé dés le 1 er tour un score comme jamais la Droite ne l'avait fait à Wittenheim et une chance sérieuse de l'emporter . Il était à l'UDF moi au RPR , aucun responsable politique à l'époque n'a eu le courage de dire à Koegler de rester à la maison comme il l'avait annoncé officiellement par courrier à ses collègues élus . Depuis  2001 Koegler ne jure que par ma perte , et bien sur  il a multiplié à chaque mandature les croches pieds .

En 2008 , fort d'un bon travail communal il était naturel que je me représente , j'ai composé une liste brillante , c'est toujours un risque de s'entourer de fortes personnalités , à tout moment ils peuvent devenir des rivaux . Cette équipe était bonne , même sympathique mais j'ai eu le tort de m'entourer de personnes très peu disponible , ce fut une évidence pour tout le monde , dans cette campagne je me suis retrouvé isolé , ce ne fut sans doute pas la principale raison de notre défaite mais on a perdu des points sur ce manque de présence . Il y avait aussi une évidence en 2008 , le maire Antoine Homé avait à son actif un mandat , il s'est enraciné, son mandat était bon , la gestion de la ville saine , de bons investissements dans de telles conditions on ne fait pas partir un maire comme ça . Autre élément qui a participé à ma défaite , certains ont trouvé le moyen de chercher des noises au maire en se chargeant bien de me faire porter le chapeau , alors que c'est mes adversaires qui avaient alimenté cette affaire , bref en 2006 on est passé de nouveau à coté d'un bon résultat . J'ai regretté qu'une partie de mon équipe s'offusque suite à une déclaration de ma part dans laquelle je confirmais que mon équipe était très peu présente sur le terrain , ce qui était une évidence , sans doute j'ai été maladroit de le dire directement . Sans doute également dans cette équipe il y avait des colistiers sans expérience politique et qui s'érigeaient avant même le 1er tour en concurrent , me menaçant même .

Une nouvelle fois je me suis remis au travail pour la commune , avec ceux qui m'étaient restés fidèles comme Hervé Sobczack, Sylvie Schaffhauser  ou Pierre Schuft malgré que celui pris du recul comme c'était prévu . De nouveau élu mes relations avec le maire au fil du temps , même si souvent je m'opposais à lui s'amélioraient pour en fin de mandat pour devenir courtoises .

En 2013 de nouveau les municipales arrivaient , et tout doucement j'ai composé une nouvelle équipe, pour un certains nombres d'entre eux ils se portèrent eux mêmes candidats à mes cotés . Cette équipe au départ et sur le papier était excellente , chacun des colistiers ont longuement étaient reçus par mois , j'avais précisé à chacun d'entre eux ce que j'attendais d'eux , un engagement total , sachant qu'il serait très difficile de déloger le maire , un maire qui avait une bonne gestion , enraciné qui sommes toute achevait un bon mandat , avec des relais incroyables dans le monde associatif .  Mon équipe me semblait cohérente pour faire une bonne campagne . Je me suis engagé comme jamais , mais au fil des jours sans qu'ils ne puissent rien faire contre certains de mes colistiers durent faire face à des problèmes personnels qui nuiraient gravement au fonctionnement de l'équipe . Comme dans les précédentes campagne , certains étaient convaincus que ma victoire était une évidence , compte tenu de mon engagement depuis des années . Plus que jamais nous devions être présent à tous les évènements de la ville , partout mes colistiers devaient défendre ma candidature , malheureusement mon équipe très attachante n'a pas bien porté ma candidature , au fil des jours j'étais attaqué de toute part , à l'approche du 1er tour j'avais bien du mal à trouvé des colistiers pour être présent sur le terrain , à 24 h du scrutin je me souviens avoir demandé à tous mes colistiers de m'accompagner sur le terrain pour ne pas laisser seul nos adversaires , sur 33 éléments 4 répondirent présents , dans mon esprit à cette époque je savais déjà qu'on ne pouvait pas gagner avec un leader qui cherchait en permanence son équipe , même si je le répète aussi pour cette campagne , le maire avait un bon bilan et le battre paraissait  très difficile , et je n'ai pas crainte de le dire, même avec une équipe à 100 % disponible, on ne déloge pas un maire à qui les électeurs n'ont pas grand chose à reprocher . 

D'autant que nous n'avions pas suffisamment pris en compte l'équipe de Duffau qui n'avait pourtant aucune fondation ni enracinement auprès de la population , cette équipe a même été obligée de fusionner pour réussir à avoir une équipe complète et surtout ils mêlèrent la communauté musulmane pour obtenir comme le président de la mosquée me le confirma plus de 1500 voix . Coincé entre un maire qui avait un bon bilan et une équipe qui en faite était un leurre , notre tâche devenait pratiquement insurmontable . Dans mon équipe il y avait une sorte de désespérance au soir du 1 er tour , certains très ambitieux suite à mon analyse de la situation voulurent fusionner avec l'équipe Duffau nous permettant en cas de victoire d'obtenir certains postes clefs . Si j'ai bien évoqué cette situation , en aucun cas  je n'imaginais après notre discussion que j'allais fusionner avec Duffau , qui doit toute sa carrière aux communistes , qui a fait alliance avec Cirillo alors même qu'il ne se parlaient plus depuis des années et pire encore Duffau avait obtenu le soutien de Maurice Haffner , alors même que celui ci me reprocha de récupérer Duffau en 2001 . Les pires ennemis ensemble , comment imaginer que je puisse m'associer à cette équipe qui en 15 jours aurait explosé . Comme en 2008 , certains de mon équipe , m'en ont voulu de refuser toute alliance avec Duffau , et aussi pour ma critique du manque d'engagement de l'équipe  , mais c'est la vie , la victoire dans une élection est toujours collective , la défaite est solitaire .  Cependant si pour certains nous nous sommes quittés en mauvais terme , je ne leur en veux pas , je comprends leur immense déception .  

Une évidence la Droite depuis Gissinger à Wittenheim , a été plutôt discrète à Wittenheim dans les élections municipales . Nous avions un gros contingent de militants jusqu'en 1990 , mais Gissinger n'ayant pas préparé sa succession il ne fallait pas s'attendre à autre chose . Gissinger était surtout entouré de personnes qui étaient là pour ne pas faire d'ombre . Comment comprendre qu'en 1989 à l'issue de la mandature municipale qui était bonne pour Gissinger, nous allions perdre les municipales , nous avons perdu alors que le maire sortant étaient député Maire RPR , c'était presque incroyable . Depuis la fin de mandat de Gissinger , c'est une longue descente aux enfers pour la Droite aux municipales , j'ai tenté de tout mettre en oeuvre entre 1995 et 2001 pour redresser la barre, nous y étions parvenu il me semble puisqu'en 2001 sans la candidature de Koegler nous étions en mesure de gagner , mais voilà , les ambitions personnelles ont mis fin à nos chances de victoires , alors que la Gauche a construit une équipe pour gagner , et sans doute aidé par nos erreurs . Ils se sont enracinés partout dans la ville . Que reste t-il de la Droite à Wittenheim , il y a bien quelques militants sympathiques   , mais c'est surtout des militants touristiques , qui aiment se montrer là ou il y a l'évènement , mais des militants présents sur le terrain comme je l'ai fait si longtemps , en étant presque journellement présent dans la commune, en distribuant des tracts ou coller des affiches chaque semaine , cette période est terminée . D'autant qu'aujourd'hui le fait de signer dans un parti politique , les militants s'imaginent au top pour prendre les affaires en main , alors qu'il faut des années de militantisme pour obtenir la confiance des électeurs , il faut gravir les échelons un par un pour un jour espérer gagner . Depuis bien des années , Wittenheim à sans doute un bon potentiel à Droite pour espérer de belles choses dans les élections locales , mais nous n'arrivons pas à obtenir une adhésion franche , dans mon porte à porte durant les dernières municipales , tout comme en 2008 quand je rencontrais des citoyens et que ceux ci adhéraient à mon questionnement et que je leur posais la question , " allez vous venir voter ? " il y avait beaucoup d'hésitations dans les propos et beaucoup disaient non ! on  ne viendra pas voter.  

Depuis ma défaite , j'ai reçu de nombreux courriers de gens qui me remercient , qui me demande de continuer , qui me font confiance , et partout ou je vais dans notre ville , je n'ai aucune perception de gens qui semblent ne plus me faire confiance . Notre score au 1 er tour tout proche de 20 % n'est pas si mal au regard des évènements , on peut même dire qu'il s'agit d'un potentiel pour une bonne fondation , au soir du 2ème tour tout en nous maintenant notre score n'a pas beaucoup évolué alors que compte tenu des circonstances , nous n'avions plus aucune chance de l'emporter n'a pratiquement pas évolué entre les deux tours,  démontrait l'attachement des électeurs à notre liste .

Je me souviens des prises de becs que j'avais eu avec Antoine Gissinger ou je lui prédisais qu'après lui on allait se cracher compte tenu qu'après lui il n'avait rien préparé pour lui succéder . Perdre les municipales de 1989 avec un bon bilan sonnait le glas pour nous et forcément la suite deviendrait difficile. Aujourd'hui le maire commence un 3 ème mandat, il est jeune, il est compétent , pourquoi les électeurs voudraient changer de maire ? Déloger un maire enraciné même si la conjoncture politique n'est pas bonne pour lui , est pratiquement impossible . La Droite n'a pas mesuré les conséquences de la défaite en 2001 , à l'époque j'ai tout tenté pour convaincre les grands stratèges de la Droite de dire à Koegler de ne pas y aller , mais personne n'a bougé le petit doigt , comme ils ne bougent jamais dès qu'une difficulté apparaît .

Le drame aussi à Wittenheim pour la Droite , c'est qu'on est trop dans le confort , alors que la Gauche se mobilise fortement . Pour les dernières municipales j'ai rencontré des citoyens de Droite , qui avaient la carte à l'UMP , des gens très brillants mais aucun ne voulait s'engager sans que je leur garantisse la victoire, ils voulaient bien venir , mais refuser de perdre . J'ai aussi rencontré des jeunes militants UMP , dont un qui avait 20 ans , qui est à Sience Po qui fera donc de la politique son métier , il a refusé de venir parce que ses parents ont refusé sa présence sur notre liste, ce jeune avait là une grande occasion de se lancer dans le grand bain . Un refus presque incroyable , oui le militantisme est moribond à Wittenheim , et c'est bien là notre faiblesse ! . Militer à Droite n'est pas chose facile , les gens de Droite ne sont pas trés proche des citoyens , alors que la Gauche est très proche , il suffit d'écouter les gens dans la rue , très peu vous disent spontanément , " oui on est de Droite !"  alors que les militants de Gauche revendiquent immédiatement leur couleur . La tâche parait donc très difficile à Wittenheim , dans un contexte ou les citoyens aujourd'hui ne font plus confiance aux politiques. J'ai tout fait pour renverser la vapeur à Wittenheim , mais les politiques ne m'ont pas aidé , d'autres se battent contre moi comme cet individu que je connais bien qui depuis 2001 se bat contre moi , qui durant cette dernière campagne a balancé dans les boites aux lettres et à mes colistiers une lettre anonyme insultante  .

Aujourd'hui Wittenheim n'a plus de potentiel militants à Droite , bien sur il ya des citoyens de notre ville qui sont à l'UMP mais sans aucun passé militant qui leur permettrait d'avoir une bonne connaissance de la ville , qui ne font aucun travail d'enracinement , qui ne s'implique pas dans la vie de Wittenheim , se déplacer pour voir un leader faire un discours n'est pas suffisant . Pour que la Droite retrouve des couleurs , il est nécessaire d'avoir des jeunes qui quadrillent le ville par leur présence , qui s'investissent sans compter et durablement , et qui écoutent et rencontrent la population .  

Bien sur je ne prétends pas que mon récit est le plus vrai possible, sans doute il y a quelques oublis de ma part , mais dans l'ensemble nous ne devons pas être loin d'une réalité criante .

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