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Patrick Pichenel

SERVIR WITTENHEIM

Extrait de " Seul le devoir nous rendra libres " Dominique de Villepin

Réussir sa vie c'est s'épanouir personnellement dans un rapport harmonieux avec la collectivité . C'est donner et recevoir , il faut avoir cultivé ses dons. Si vous installez quelqu'un dans l'idée qu'il a raté son entrée dans la collectivité parce que son parcours scolaire n'a pas pas correspondu aux critères d'excellences étroits qui sont les notre aujourd'hui , il n'aura pas grand chose à donner , à part sa révolte . Et il n'aura pas grand chose à recevoir non plus, à part le minimum qu'une société accorde à ses éléments marginaux . C'est cette dialectique qui doit être cassée . Il est plus que temps de réconcilier méritocratie et diversité des dons. Il est temps que la transmission des savoirs se fasse au profit des personnes , et non pas pour récompenser des modèles de conformisme et de docilité.

 

Ce regard de contestations active sur la manière dont la réussite dans la vie était conçue par le système scolaire , je le posais aussi sur des réalités sociales que je découvrais . Les  circonstances ont voulu que je passe une partie de ma jeunesse au Vénézuela .  Dans ce pays et à cette époque , les écarts entre les pauvres et riches atteignaient des niveaux inhumains . Il aurait fallu être dénudé de sensibilité pour ne pas être indigné par la condition faite aux plus humbles. Le milieu catholique associatif m'offrait la possibilité d'agir, et j'ai en effet donné de mon temps pour des oeuvres sociales . C'était l'évidence , et je n'en tire aucune fierté particulière . L'indignation a été le premier moteur de mon engagement dans la société. L'indignation devant quoi ? Devant ce que je voyais : une vie sociale sans fraternité , dans laquelle les pauvres n'existaient pas aux yeux des riches . L'indignation devant le mépris , non pas ce mépris, parfois juste , qui a les traits de la colère , mais le mépris de celui qui ne peut pas voir la misère, parce qu'il a décidé que son prochain n'existe pas , n'a donc droit à rien, et surtout pas à un regard ou son humanité pourrait se révéler . La peur de regarder ce qui vous met en cause , la peur de voir l'obscénité de sa richesse par rapport à l'étendue de la misère de son prochain, voilà ce qui me révoltait . c'est vrai c'est une affaire de sensibilité , et même de passion , de colère , face au scandale que je voyais ; Depuis cette expérience fondamentale , j'ai toujours considéré que la passion n'est pas honteuse , car elle change l'ordre des choses.

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