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Patrick Pichenel

SERVIR WITTENHEIM

Macron l'agitateur

Par Mrizek Sahraoui –

Frappes ou pas frappes contre la Syrie ? Le monde s’est légitimement interrogé, jusqu’à l’aube de la journée du 14 avril, inquiet des derniers développements dans les relations entre la Russie restée ferme, mais évitant la surenchère, et les pays occidentaux qui ont adopté un ton menaçant faisant monter la tension à son comble.

Le président américain, coutumier d’agiter la menace de recourir à la force dans un premier temps avec pour effet d’intimider l’adversaire avant de rétropédaler au moment décisif, comme avec la Corée du Nord, est allé, cette fois, au bout de sa logique de confrontation plutôt que d’apaisement, entraînant dans son aventure très risquée la Première ministre britannique, ce qui n’est pas une surprise en soi, et le président français dont l’action est largement critiquée par une bonne partie de la classe politique française.

Si les présidents des Etats-Unis sont connus pour leur culture ancestrale fondée avant tout sur le gangstérisme, on en sait un peu plus sur les présidents français ayant succédé à Jacques Chirac : des héros de fils et de bois, mus par l’intention des manipulateurs américains, dirait le marionnettiste Alain Recoing.

Rien ne peut justifier l’adhésion de la France aux laïus guerriers du président américain, de ces derniers jours, ainsi que sa participation aux frappes combinées ayant visé un pays souverain. Croire et faire croire, après cette ignominie, que Donald Trump, Theresa May et Emmanuel Macron ont sauvé l’honneur occidental, lavé l’échec des deux guerres d’Irak et de Libye, et surtout sont sortis vainqueurs en bombardant la Syrie, est une hérésie doublée d’une débilité mentale.

Cette action tout aussi irresponsable qu’illégale, à laquelle a pris part la France, est entreprise, il faut le savoir, sans mandat de l’ONU – une coquille vide –, sans consultation des députés – un parlement godillot – et, pire encore, sans qu’aucune preuve ne soit présentée à la face du monde. La fameuse fiole d’eau bénite brandie par Colin Powell, preuve de l’existence d’armes de destruction massive qui a justifié la guerre en Irak, a dû échapper à la mémoire. Pourtant, la France joua un rôle historique avec le discours, devenu depuis lors un apophtegme aux yeux du monde, de Dominique De Villepin.

Le président français s’est ému de la présumée attaque chimique perpétrée à la Ghouta, mais il est resté silencieux sur les massacres commis au Yémen par celui qu’il vient de recevoir avec faste, il y a quelques jours, en compagnie du roi fainéant marocain. Pas plus que l’on a vu exiger d’Israël l’application de la multitude de résolutions énoncées par l’ONU, dont un bon nombre sont en rapport avec des crimes commis contre le peuple palestinien.
Finalement, qui a gagné après le battle damage assessment (évaluation des dommages de combat) dont se vantent les trois pompiers pyromanes ?

C’est sans doute Vladimir Poutine qui n’a pas voulu aller à l’irréparable ; une sagesse dont l’histoire se souviendra. Mais aussi le peuple Syrien qui a paradé tout de suite après l’explosion des pétards mouillés, la majorité ayant été interceptée par la défense anti-aérienne syrienne. Un peuple fier de son armée qui vient de recouvrer dans la douleur la quasi-totalité de son intégrité territoriale.
 

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