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Patrick Pichenel

SERVIR WITTENHEIM

Thierry Désjardins : vous avez dit ?

Manuel Valls a parfaitement raison. Il ne faut jamais faire d’« amalgame » car « mélanger artificiellement des éléments qui ne s’accordent guère » (selon la définition, par le dictionnaire, du mot « amalgame ») peut conduire à proférer de très dangereuses contrevérités.

Seulement voilà, le Premier ministre semble nous reprocher de faire parfois de l’« amalgame » entre les « bons » musulmans, c’est-à-dire ceux qui sont parfaitement respectueux de nos lois, de nos mœurs, de nos coutumes et les « méchants », ceux qui portent la barbe et la robe blanche, qui imposent le voile intégral à leurs femmes (au pluriel), qui rêvent d’un califat mondial, qui veulent rejoindre Daesh en Syrie et qui applaudissent à tous les attentats qui massacrent les mécréants que nous sommes.

Personne ne conteste qu’il y ait de « bons » musulmans, ravis de bénéficier de tous les avantages d’une société de progrès et de profiter d’un Etat protecteur qui, à coup d’aides multiples et d’allocations innombrables, les loge, les nourrit, les soigne et éduque leurs enfants, souvent très nombreux. Et il faut reconnaitre que, pour la plupart, ces « bons » musulmans respectent nos lois, en effet, qu’ils aillent, ou non, tous les vendredis à la mosquée et même qu’ils fassent, ou non, la prière vers La Mecque, cinq fois par jour.

Mais personne ne peut nier qu’il y ait de plus en plus de « mauvais » musulmans. Il suffit de se rendre dans n’importe quelles banlieues de n’importe quelles villes de France, pour s’apercevoir que (presque) toutes les femmes sont désormais totalement voilées (Mme Badinter le notait elle-même, hier soir, à la télévision), que, dans les halls des tours et des barres, les graffitis appellent au djihad, qu’à chaque balcon les paraboles sont tournées vers les télévisions du Proche-Orient.

Il est indiscutable qu’il y a aujourd’hui une véritable « désintégration » de nos jeunes et moins jeunes musulmans, immigrés de la première mais aussi de la deuxième, voire de la troisième génération que notre système n’a pas su « intégrer », s’étant, pour les raisons idéologiques, refuser à les « assimiler ». Ils sont, d’ailleurs, les premiers à contester « le droit du sol » quand ils en bénéficient car ils ne se sentent pas et surtout ne se veulent pas français.

Certains diront, bien sûr, qu’ils sont chômeurs, petits délinquants, sans aucune formation, qu’ils habitent des quartiers pourris et qu’ils n’ont aucun avenir dans notre société qui les rejette plus ou moins et qu’il était donc inévitable que leur rancœur à l’égard de notre civilisation les pousse à nous haïr et à rejoindre une « révolution » vengeresse qui prône notre anéantissement et leur promet le paradis avec des vierges à foison.

Le tout est, évidemment, de savoir combien, sur les six ou sept millions de musulmans qui vivent en France, il y en a qui sont passés du « bon » au « mauvais », étant bien entendu que, pour être classé dans les « mauvais », il n’est pas nécessaire d’avoir déjà acheté une kalachnikov mais qu’il suffit d’avoir sifflé La Marseillaise dans un stade de football, d’avoir caillassé des policiers une nuit d’émeute ou même d’avoir fait la fête les soirs du 7 janvier ou du 13 novembre.

Ce n’est que le jour où les autorités pourront prouver à l’opinion qu’il n’y a pas plus de 10% de « mauvais » parmi toute notre communauté musulmane qu’on pourra reprocher aux Français « de base » pour ne pas dire « de souche » de faire de l’« amalgame ». Tant que le doute est possible, et il l’est de plus en plus, l’« amalgame » est inévitable.

Pire d’ailleurs. Ne pourrait-on pas reprocher aux dites autorités de faire, elle-même, un « amalgame » autrement plus spécieux en nous affirmant, matin et soir, que tous ces barbus polygames qui font la loi dans leurs ghettos et toutes ces femmes voilées qui sortent de ces mosquées plus ou moins clandestines, dans des zones où la police ne peut plus pénétrer sans se faire attaquer, sont des… « Français » et en ajoutant même « comme les autres ».

L’« amalgame » populaire entre « bons » et « mauvais » musulmans est, de toute évidence, beaucoup moins dangereux que l’« amalgame » officiel entre Français et immigrés musulmans. C’est à force d’entendre que les tueurs de l’école juive de Toulouse, du musée juif de Bruxelles, de Charlie Hebdo, de l’hyper-cacher de la porte de Vincennes, du Bataclan et des terrasses des restaurants du quartier étaient tous… « des Français, à part entière, comme vous et moi » que certains deviennent xénophobes ou islamophobes et votent Front National. On pourrait presque les comprendre.

Monsieur le Premier ministre, arrêtez donc de faire cet « amalgame »-là !

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