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Patrick Pichenel

SERVIR WITTENHEIM

De Gaulle Avait raison Thierry Désjardins

De Gaulle a souvent eu raison mais il faut bien reconnaitre qu’il a vu particulièrement juste le jour où il a déclaré que les Français étaient « des veaux ». On apprend ce soir que, selon un sondage IFOP, 50% de nos compatriotes ont une opinion « favorable » de François Hollande. On ne sait pas si on peut, à la fois, avoir les bras qui tombent et tomber soi-même à la renverse !

Mais pourquoi diable l’actuel président de la République trouve-t-il soudain grâce aux yeux de la moitié des Français ? Parce que, comme il s’y était engagé, il a réussi à inverser la courbe du chômage ? Non, le chômage continue à augmenter et vient même de battre un nouveau record absolu avec plus de 3,5 millions de chômeurs de la catégorie A et plus de 5,5 millions de chômeurs toutes catégories confondues. Parce qu’il a fait baisser les impôts ? Non. Parce qu’il a réduit la dette ? Non. Parce qu’il a relancé la croissance ? Non. Parce qu’il a décidé une politique claire pour régler la question des immigrés et même celle de l’islam ? Non. Parce que, depuis les attentats de janvier dernier, il a pris les dispositions indispensables permettant d’assurer la sécurité des Français ? Non. Parce qu’il a trouvé une solution au problème des migrants qui envahissent l’Europe ? Non. Parce qu’il a convaincu Poutine qu’il ne fallait plus soutenir Bachar al Assad ? Non. Et on pourrait continuer ainsi à poser des questions sur le bilan des trois premières années et demie de ce quinquennat « de malheur » auxquelles on serait toujours obligé de répondre par le même « non ».

En fait, Hollande est remonté d’une manière fulgurante dans les sondages tout simplement parce qu’il s’est précipité au Bataclan la nuit du drame, que la police a su très rapidement retrouver la plupart des terroristes et donner l’assaut à leur cache de Saint Denis et qu’il a proclamé l’état d’urgence, réuni le Congrès et présidé une cérémonie dans la cour d’honneur des Invalides. Le tout avec, il faut le dire, une propagande massive et sans pudeur dans la presse et la télévision. N’importe quel président, même Vincent Auriol ou René Coty, aurait, sans aucun doute, pu faire la même chose, la propagande en moins.

On dira qu’il a su aussi faire passer « le pacte de sécurité » avant « le pacte de stabilité » (qui n’était que de la poudre aux yeux), la lutte contre le terrorisme avant l’équilibre du budget (auquel ce gouvernement était incapable de parvenir), avant la relance de la croissance (qui se fait toujours attendre) et même avant la protection des libertés (qui sont pourtant, en principe, le fonds de commerce de la gauche).

Aujourd’hui, encore sous le choc de l’émotion, les Français attachent, évidemment, plus d’importance à leur sécurité qu’aux libertés. On en reparlera dans trois mois.

Mais, là encore, ces mesurettes prises à la va-vite et qui ne sont en fait que de la « gesticulation » et de la « com’ » n’expliquent pas qu’il ait pu gagner 30 points dans les sondages. A fortiori quand d’autres sondages nous annoncent que le Front National caracole largement en tête dans toutes les intentions de vote, pour toutes les régions, à quelques jours du premier tour des élections régionales.

Les Français voudraient-ils d’un Hollande à l’Elysée et d’une Marine Le Pen à la tête du gouvernement ? Comme s’ils avaient oublié que « l’ordonnateur en chef des pompes funèbres nationales » était « d’origine » socialiste et responsable de tous nos malheurs d’aujourd’hui ?

Il parait qu’en période de crise les peuples ont toujours besoin d’« un père » pour se rassurer. N’importe lequel. En 1940, personne n’a eu l’idée de se regrouper autour de Lebrun qui était pourtant le chef de l’Etat (il est vrai que, comme l’a écrit de Gaulle, « il n’était pas un chef et il n’y avait plus d’Etat »). Ils se sont regroupés autour de Pétain. Aujourd’hui, on ne voit personne à l’horizon, ni dans l’opposition ni ailleurs, capables d’assumer ce rôle de père. Les Français n’ont donc pas le choix. Du coup, ils se regroupent autour du « Lebrun du jour », François Hollande qui, lui non plus, n’est pas un chef et alors qu’il n’y a plus guère d’Etat..

Il est bien dommage que ni Sarkozy, ni Juppé ni un autre n’ait su « profiter » des circonstances pour se hisser au-dessus de tous les marigots et apparaitre comme le recours possible dont la France a tant besoin.

Et comme les Français sont « des veaux », ils plébiscitent soudain celui qu’hier encore ils rejetaient comme ils n’avaient rejeté aucun président de toute l’histoire de la Vème. Avec un attentat tous les six mois, il sera réélu triomphalement en mai 2017.

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