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Patrick Pichenel

SERVIR WITTENHEIM

Une presse bananière par Thiérry Désjardins

~~On a souvent dit que la France devenait « une république bananière ». En lisant la presse de ce matin, on s’aperçoit que c’est bel et bien le cas. Nos éditorialistes ont désormais adopté le ton et les mots des commentateurs de cour qui, déférents, obséquieux, flagorneurs, encensaient jadis à longueur de colonnes Idi Amine Dada, Sa Majesté Impériale Bokassa 1er ou Omar Bongo. Un sujet, un verbe, un compliment. C’est stupéfiant et on aurait envie d’éclater de rire devant la prose de ces cireurs de pompes et lécheurs de n’importe quoi si ce n’était tout de même très inquiétant car qui dit une presse aux ordres, dit plus ou moins un peuple à la –ou sous la- botte. Ils sont tous unanimes, ce matin, à trépigner sur leurs pattes arrière comme des caniches de cirque. C’est à qui en rajoutera le plus, à qui lancera le plus haut son encensoir. Et ils ne font ni dans le détail ni dans la retenue. On a découvert un grand président… à la hauteur de sa fonction et de la situation… à la fois chef de guerre et chef de paix, etc. Pour Le Parisien « Jamais le locataire de l’Elysée n’avait aussi bien habité la fonction. Il a parfaitement incarné son rôle », pour Les Echos : « Il a endossé le costume de chef de guerre qui lui sied le mieux dans la panoplie présidentielle », pour Ouest-France « Le costume régalien lui va de mieux en mieux », pour La Presse de la Manche : « Il a désormais revêtu l’’habit de président », et même pour Le Figaro : « Il a projeté un nouvel élan sur la scène européenne ». On a honte d’avoir été journaliste… au siècle dernier. Personne, nulle part, dans aucune rédaction n’a remarqué que François Hollande n’avait parlé, au cours de cette 5ème conférence de presse de son quinquennat, ni du chômage qui frappe maintenant plus de 5,5 millions de Français, ni de la dette qui a largement dépassé les 2.000 milliards d’€, ni de l’augmentation des impôts qui sont devenus totalement insupportables pour les contribuables, ni de la déliquescence généralisée de l’Etat qui crève les yeux aussi bien à l’Ecole que dans les hôpitaux. Ce souverain qui aurait maintenant, au milieu de son royaume dévasté, toutes les qualités n’a plus que deux mots à la bouche : « la République » et « la laïcité ». Mais qu’est-ce qu’une « république » quand elle a 5,5 millions de chômeurs, 10 millions de pauvres, 8 millions de mal logés et quand le premier parti politique du pays (entre 25 et 30%) est un parti d’opposition (extrême) qui n’a que deux députés à l’Assemblée Nationale ? Quant à « la laïcité », c’est très joli de « sauter sur son tabouret comme un cabri » en criant « laïcité, laïcité ! » mais il faudrait tout de même avoir, pour une fois, le courage d’appeler un chat un chat. Le seul problème aujourd’hui en France à propos de la laïcité, ce ne sont ni les bouddhistes, ni les hindouistes, ni les Sikhs, ni même les animistes qui le posent. Ce sont les musulmans. Et ils le posent d’autant plus violemment qu’ils sont six ou sept millions dans le pays et qu’ils ont une « avant-garde » qui s’appelle les islamistes lesquels prônent le djihad contre nous. Enumérer aujourd’hui tous les lieux communs sur la laïcité n’a aucun sens. Un chef de l’Etat digne de ce nom devrait, maintenant et de toute urgence, nous dire très clairement la place que la République assigne à l’Islam. Mais à quoi bon, puisque tout le monde ce matin (sauf la presse étrangère, mais Hollande ne la lit pas) est content. De Gaulle disait que les Français étaient « des veaux ». En fait, ils sont devenus des moutons. Ils adorent se faire tondre et sauter tous ensemble dans le précipice. Si la France existait encore, on dirait « pauvre France »…

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